L’Algérie, les Arabes, leMonde, archives du 17 juillet 2006 au 4 Avril 2008

L’Algerie, les Arabes, le Monde,

Dimanche 17 juillet 2006 12h

.Israël continue à pilonner le Liban.

Je n’en ai pas parlé, jusqu’à présent, car j’en souffre trop. Souffrance de la souffrance des palestiniens et des Libanais, souffrance de notre immense souffrance nous les arabes devant tant d’humiliation et d’injustice.

Souffrance de la trahison, mais même ce mot devient trop faible, des régimes arabes et des classes sociales dominantes aliénées à l’Occident.. Hier les ministres des Affaires étrangères arabes se sont réunis et ils se sont séparés en … demandant au Conseil de sécurité de faire pression sur Israël et en disant que le projet de paix israélo-palestinienne était mort.

Faire pression sur Israël! Mais c’est à eux à faire pression sur elle et sur le Conseil de sécurité. Réflexion, entre autres, d’un vieux intellectuel jordanien magnifique: « ils n’ont même pas fait une petite chose: convoquer l’Ambassade des USA et celui d’Israël ( pour la Jordanie et l’Egypte) pour leur faire observer, gentiment, je dis gentiment, que c’était trop. »

L’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie, comme Israël et les Américains, laissent entendre que c’est le Hezbollah qui est responsable de tout cela en capturant 2 soldats israéliens. Perfidement, aujourd’hui, dans le journal « Liberté », dans sa chronique quotidienne, un journaliste, Mustapha Hammouche, titre « Israël et les islamistes,: l’alliance objective ». Il est vrai que des journalistes de Liberté étaient allés, en cachette, en Israël, serrer la main des dirigeant israéliens pendant qu’ils massacraient les Palestiniens et que Liberté faisait campagne pour la normalisation des relations avec Israël, clamant son admiration pour « ce pays démocratique ».

Ce Hammouche, reprenant les arguments d’Israël,  insinue, toujours perfidement, que ce n’est pas Israël qui « a intérêt à affaiblir le Liban » mais la Syrie, l’Iran, le Hezbollah. Etonnant comme l’idéologie des traîtres dans les pays arabes est celle du paradoxe consistant à dire invariablement que ce sont ceux qui résistent à Israël ( Le Hammas, le Hezbollah etc..) qui sont ses alliés (!…).  Si on les comprend bien , le Hezbollah et Hammas, leurs dirigeants vont même jusqu’à se faire tuer pour mieux cacher leur jeu…Sans s’embarrasser de ces contradictions, le même journal titre en 4eme page, qu’un ministre Israélien ( Zeev Boïm) a déclaré « qu’Israël liquidera Nasrallah ( le chef du Hezbollah) à la première occasion ».

Les traîtres de toutes les époques se ressemblent: ils veulent prouver que toute résistance est vaine et fait le jeu de l’ennemi. C’est ce que disaient par exemple le gouvernement de Vichy concernant la résistance française, qu’elle « faisait le jeu des allemands ».

Bush, Poutine, Israël, et bientôt d’autre Etats, c’est devenu courant, déclarent sans état d’âme qu’ils vont « liquider » tel ou tel dirigeant de Parti ou mouvement islamiste. Cela aurait été inimaginable avant. Ils font ce qu’ils veulent.

Chirac a parlé du Liban le 4 juillet. Il s’est demandé si Israël ne voulait pas détruire le Liban. Il a eu une position plus courageuse que celle de tous les dirigeants arabes.

Le vrai projet caché, je pense, est d’attaquer la Syrie et l’Iran, avant qu’elle n’ait la bombe atomique. Les USA sont enlisés en Irak et en Afghanistan. Ils n’ont pas les forces nécessaires. C’est l’armée Israélienne qui va sous-traiter l’opération. Il suffit d’attendre un prétexte créé par la guerre actuelle au Liban, par exemple accuser la Syrie et l’Iran de soutenir le Hezbollah.

Hier à la réunion du G8 à Saint Petersbourg, Bush s’est félicité de la démocratie en Irak. Poutine n’a pu s’empêcher de dire « nous n’aimerions pas avoir une telle démocratie » et toute la salle a ri. Bush a foudroyé du regard Poutine, le regard du maître. 

  

Mercredi 19 juillet 2006

Comme une seule corde de guitare, les arabes vibrent partout dans le monde de souffrance, de rage et d’ »humiliation.

Israël continue de bombarder, comme elle veut. Cette fois ci, tout l’Occident officiel l’approuve et la soutient. Presque pas l’ombre d’une différence de position derrière les USA.

L’Occident a voulu faire un tabou du droit à l’existence d’Israël. Et pourtant, depuis qu’elle est apparue dans la région ce n’est que feu et sang,  depuis plus de 60 ans. Elle donne elle même la preuve qu’elle n’y a rien à faire. Elle produit tous les jours la haine par les bombardements, les massacres, l’humiliation. Comment peut elle imaginer qu’elle pourra survivre à une telle haine.

Ils font de la reconnaissance de l’Etat hébreu par les arabes une condition mais cet Etat existe actuellement de fait. Le vrai problème est celui de la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Avant hier un évêque Libanais, le patriarche maronite parlait sur la chaîne de TV El Djazira.  Magnifique de bonté humaine. Il a dit: « Israël prétend défendre les chrétiens Libanais. Mais elle est un Etat juif, donc par définition antidémocratique et raciste, puisque la citoyenneté israélienne est exclusive. Ce qu’Israël ne supporte pas dans le Liban, et c’est pourquoi elle veut le détruire, c’est qu’il est le symbole, au contraire d’elle, le coexistence entre chrétiens et musulmans. Israël n’arrivera pas à nous diviser. Nous sommes tous des arabes, chrétiens et musulmans ».

  Y… était très en colère hier: S… l’a harcelé au sujet de la situation au Liban et lui a dit: je ne suis ni pour les généraux sanguinaires israéliens , ni pour les mercenaires du Hezbollah« .  Il fait partie de cette « gauche » algérienne de tradition culturelle française que l’ hostilité aux islamistes aveugle. Elle a conduit  cette pseudo gauche  un peu partout dans le monde arabe, en Irak, en Algérie à mettre sur le même plan l’ennemi et ceux qui le combattent. En fait elle les a conduit à la trahison. Ils se sentent plus proches, plus à l’aise avec les Israéliens qu’avec les islamistes. Mais ça, ils ne peuvent l’avouer, d’où le ni, ni. Je me souviens comment  les ex pagsistes manifestaient à contre cœur contre l’invasion de l’Irak

Y… était humiliée qu’ils puissent lui parler comme cela: « il ne m’a pas respecté » m’a-t-elle dit. Le contact avec la trahison est toujours humiliant, salissant, un peu comme un viol.

J’ai écouté Nasrallah avant hier sur El Djazira. Il force le respect. C’est une nouvelle approche, un nouveau style. Ce n’est plus le discours récurent , pleurnichard et impuissant sur la trahison des régimes arabes: il dit tout simplement les concernant sans s’attarder; « qu’ils aillent se faire f…, qu’ils nous laissent tranquille ( en arabe: « foukou aleïna » ). Une conviction, une sérénité, une douceur et une courtoisie impressionnantes. C’est la nouvelle avant garde du mouvement national arabe, c’est indubitable. C’est comme si tout l’ancien mouvement nationaliste, la gauche arabe classique étaient devenus d’un seul coup vieux, périmés.

L’Algérie a publié, hier, un communique reprochant… son silence à la communauté internationale. Bouteflika est rentré dans un silence profond depuis le début du conflit. On ne le voit même plus apparaître comme d’habitude sur les affaires nationales. Hier, une manifestation de soutien au Liban et à la Palestine a été réprimée au centre d’Alger.

Cette nouvelle guerre crée des surprises. Beaucoup de choses ont changé ces dernières années, progressé silencieusement. Par exemple, l’unité libanaise qui apparaît dans cette guerre. Israël et les américains ont certainement été surpris. Ils étaient restés sur l’ancienne image de la guerre civile libanaise et pensait ainsi la réactiver. Bien au contraire.

Sur un tout autre sujet, il faudrait peut être écrire un livre sur la Chine au sujet d’un phénomène nouveau et  étrange: pour la première fois une société où toutes les familles ont un fils unique. Avec  la psychologie qu’on connaît du fils unique. Qu’est ce que cela va donner dans l’avenir lorsque la Chine sera la première puissance mondiale.

  Je me suis aperçu que nous avions une mémoire spéciale des rêves qui n’existait que lorsque nous rêvions. Je l’ai découvert au cours d’un rêve conscient, éveillé où j’ai constaté que je puisais le matériel de ce rêve dans d’anciens rêves.

 

 

Mardi 25 juillet 06 17h46

  

Notes pour l’écriture au sujet des journaux algériens francophones, « El Watan », « Liberté » et « le Matin », qui avaient envoyé, en 2003, une délégation en Israël.

                                     »FOUKOU ALEINA ! »  ( « foutez-nous la paix! » )

Ces algériens sont allés en cachette en Israël. Ils étaient passés par Paris pour retirer secrètement leurs visas à l’ambassade Israël.  Avant, ils avaient déclenché une campagne dans leurs journaux pour la normalisation des relations avec Israël, pour que nous échangions des ambassadeurs, pour réclamer la visite d’Enrico Macias, en Algérie, le même qui avait lui manifesté contre celle de Arafat à Paris. 

 

Ils étaient allés serrer les mains des ministres du pire ( si l’on peut dire!) gouvernement d’Israël, celui de Benamin Yaho, alors que celui ci, comme les autres, massacrait, emprisonnait tous les jours les Palestiniens,  les parquait derrière déjà des murs, leur interdisaient de circuler sur les autoroutes réservés à la race des seigneurs, leur donnait du travail et du pain selon son bon vouloir .

Ils ont clamé leur admiration pour la démocratie israélienne. Face à la réprobation générale,, ils se sont alors empressés d’aller voir aussi, rapidement, dans les territoires occupés,  quelques palestiniens qui les ont regardé froidement. Et puis, quand ils ont été démasqués, ils ont clamé dans leurs journaux qu’ils s’agissait d’une atteinte à la liberté d’expression et d’information. Leurs partis, le RCD, le MDS étaient venus les soutenir à la Maison de la Presse. Ils avaient concentré alors leur haine sur ceux qui avaient dit que les relations avec Israël ne pouvaient pas être normales.

Ils ont écrit à longueur de colonne pendant des années qu’entre Israël et Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban, ils n’avaient pas à choisir « entre la Peste et le choléra », opposant le Hezbollah aux « démocrates libanais » sans souci pour l’unité nationale des Libanais. Ils sont allés recevoir aux USA des prix en récompense de tout ce qu’ils ont fait.

Et soudain, aujourd’hui, ils découvrent  qu’Israël agit monstrueusement au Liban, et que les « Libanais considèrent avec beaucoup de fierté que le  Hezbollah est le fer de lance de la résistance libanaise » (El Watan du 25 juillet, p 2), que la Démocratie dans les pays arabes qui a porté Hamas au gouvernement en Palestine est la hantise des USA,  que la stratégie des Etats Unis et d’Israël « consistait à opposer les Libanais entre eux » ( El Watan, 25 juillet, p 32), et que  la surprise (pour qui?) est le  renforcement de l’unité nationale libanaise.

De même, les régimes arabes qui avaient au départ accusé le Hezbollah et justifié, donc, en fait, l’agression israélienne, font marche arrière aujourd’hui devant leur isolement dans l’opinion publique arabe.

. Comment peut on être convaincu… par des convictions qui ont mis tant de temps à s’exprimer. Qui nous dit qu’au premier tournant, qu’aux premières épreuves, et il y en aura longtemps encore, nous ne les retrouverons pas tous, chez nous comme ailleurs, pour essayer de nous diviser et nous démoraliser.

Donnons leur le bénéfice du doute. Peut être sont-ils sincère maintenant qu’ils constatent que « les bombes israéliennes ne font pas de différence entre les arabes », comme les bombes américaines en Irak. Mais on a envie aussi de leur dire: « Foukou aleina » pour reprendre la phrase devenue fameuse de Nasrallah.

  

Autres idées d’écriture:

- reprendre l’argument fort des américains: L’Etat libanais doit être souverain sur tout son territoire. Il n’est pas normal qu’existent des milices qui échappent à l’autorité de cet Etat. »

Certes, il est clair que cet argument est hypocrite et qu’il vise à empêcher toute résistance, l’Etat Libanais étant supposé ne pas pouvoir affronter militairement Israël,  et que ce que craint Israël c’est d’affronter un mouvement de guérilla.

- Pardonnez moi de poser une question naïve ou posons une question naïve: Pourquoi les pouvoirs arabes ne se font pas simplement les porte paroles de leur opinion publique puisqu’ils sont assurés de son soutien à toute position ferme de leur part? Ils en sortiraient, en tant que pouvoir, plus forts politiquement, gagnant ainsi le soutien de leurs peuples

- Le rapport de forces entre Israël et les pouvoirs arabes n’est pas d’ordre militaire. En effet, il suffirait aux régimes arabes d’utiliser l’arme économique ou l’arme du pétrole pour que immédiatement le rapport de forces soit changé. Même pas, il leur suffirait de rompre tous ensembles toutes relations politiques et diplomatiques avec les Etats Unis et Israël.

- les arabes ont comme une seule corde de guitare Qui vibre de rage et de souffrance;

- El Djazira: leçon de démocratie: les israéliens peuvent y prendre la parole. Les télé israéliennes ou occidentales pourraient elles faire la même chose et donner la parole à Hammas ou au Hezbollah?

- qui détruit actuellement le Liban; Israël ou le Hezbollah

- Tout processus de domination consiste à transformer la victime en coupable

- Israël a envahi à maintes reprises le Liban: 1978,1982,1996. Le Hezbollah existait il alors.

Français et Américains lavaient  aussi envahi le Liban. Les mouvements islamistes n’existaient pas alors.

-d’un côté les américains nous font progresser,  d’un côté, ils nous donnent l’Internet, de l’autre ils nous envoient des bombes intelligentes.

    

Lundi 2 Octobre 2006 23h

  

Le 8eme jour du Ramadan. Encore un autre. Celui là me paraît très fatigant. Je n’ai plus l’impression d’être le même. Je me sens vieux. Plus le même désir des choses , de vivre, tout effort me semble pesant.

Quelques notes pour ne pas oublier :

Racisme :

-         Sarkozy est un fils d’émigré de la première génération. Il est candidat, accepté, apprécié des français à la Présidence de la république. Ce serait impensable pour un arabe, même de la 3eme génération.

-         Juste après la dénonciation du « nucléaire iranien » aux informations de la télé française, on nous montre, fiers, le nouveau sous marin nucléaire français : « l’indomptable », je crois que c’est son nom. Il est capable de déverser un déluge nucléaire. Seuls les civilisés ont donc droit à l’arme nucléaire.

  

Sexuel : un reportage touchant sur les prisons. Au Canada, et aussi en France, on expérimente le droit de détenus à rencontrer leur femmes ou leurs compagnes dans des maisons aménagés spécialement pour cette intimité. On découvre de plus en plus comment l’interdiction sexuelle est une cause de violence extrême dans les prisons.

Une femme dit : seule la relation sexuelle a le pouvoir de nous faire tout oublier. Elle est à nulle autre pareille.

Un autre détenu, dans une analyse très profonde, explique la différence entre l’envie et le désir.

Un autre condamné à perpétuité pour un meurtre dans une prison canadienne, raconte comment il se détestait d’être un assassin, qu’il avait songé au suicide et comme il avait hésité à poursuivre sa relation avec cette femme qu’il avait découvert sur Internet : « j’avais l’impression de ne pas la  mériter. Elle m’a redonné l’envie de vivre, qu’on pouvait donc m’aimer, je ne me sentais plus dévaloriser ».

Un autre, un arabe, raconte ce sentiment de honte d’en être arrivé, avec son compagnon de cellule à des rapports homosexuels : « il n’y a pas de femmes en prison dit-il, on n’en voit pas pendant des années ».

  Aux USA, 50% des condamnés à mort et des exécutés sont des noirs. Dans les prisons, le racisme est la loi ; chaque race à part, et la punition, si cette règle n’est pas respecté, est impitoyable de la part des détenus mêmes. Voilà le pays qui veut civiliser le monde. Dans les prisons , la violence est extrême. Comme la Rome antique, les USA sont une société violente et ils exportent la violence partout dans le monde.

Bush, ces derniers jours, vient de faire adopter une loi, qui légalise la torture contre les « terroristes ». Jamais, on est allé si loin, même pendant la guerre froide.

 

Mercredi 15 novembre 2006

J’ai commencé aujourd’hui à essayer de m’arrêter de fumer. Gommes nicorette à mâcher.

Mais surtout, à ne pas oublier cette semaine passée terrible:

Anxiété extrême des examens médicaux jusqu’à avoir le cœur qui bat à rompre lorsque je vais les faire. J’étais sûr que l’on allait me trouver quelque chose. J’ai trouvé un taux de PSA légèrement plus élevé que d’habitude ( 2ng ) et j’y ai vu la preuve d’un cancer de la prostate en train de s’installer.

Et puis, des jours sur Internet, à rester à consulter les sites médicaux, sans rien faire, obséder par cela.

Cette anxiété en réalité m’occupe

. Elle vient quand je n’ai rien à faire, ou bien pour fuir des choses que je n’ai pas envie de faire. Oui, elle m’occupe. Elle est tapie là, attirante. Je pense au départ que ce n’est pas grave, quelques minutes sur Internet ou un petit papier ramassé,  mais c’est le piège. Ensuite, elle se développe, me mobilise, me paralyse, prend tout mon temps, me donne du plaisir, comme une drogue.

Vendredi 17 Novembre 2006  

Hier, sur la télé française, meeting de soutien à ce « professeur de philosophie » français qui avait écrit un article ordurier contre le Prophète. Il l’avait traité de « massacreur, de violeur de fillettes, de tueur de juifs, de sanguinaire » etc.. Il avait reçu 2 ou 3 mails d’insultes ou de menaces. Le prétexte pour en faire un nouveau Soleiman Rushdie dans le contexte actuel . Ces mails ont de suite été qualifiés de « fatwa » pour mieux frapper  les imaginations.

 

Petit professeur falot, en recherche de notoriété. Il y avait au meeting bien sûr Bernard Henry Lévy et son groupe, à l’indignation régulièrement sélective. Tous étrangement silencieux sur ce qui se passe ou s’est passé au Liban, en Irak, en Palestine. Ils essayent laborieusement d’expliquer qu’ils défendent la liberté d’expression alors que ce n’est que du racisme anti-musulman. La question est simple: songerait ils une seconde à parler ainsi de Jésus Christ ou de Moise.  Dieudonné n’avait il pas lui aussi droit à la liberté d’expression quand il a dit; à la télé : « Isra Heil! ».

Ségolène Royal l’a emporté par un raz de marée de voix des militants du PS. Discours au ras des pâquerettes, autoritaire, sécuritaire, néoraciste contre les musulmans ( l’Iran, selon elle, n’a même pas le droit au nucléaire civil) de défense d’Israël, chauvin ( nous voulons une « grande France »). Enfin dans l’air du temps, en France, où on est prêt à applaudir tout discours autoritaire contre les arabes et les noirs des banlieues. A peu prés le même que Sarkozy.

Ce qui est apprécié chez un autre candidat, celui de l’UDF, c’est qu’il ait giflé un gosse arabe.  Un président socialiste de région a d’abord déclaré que les harkis étaient des sous hommes et il vient de récidiver en disant qu’il y avait dans l’équipe de France de football 9 noirs sur onze joueurs et qu’il avait sur ce point  honte pour la France.! »

Mardi 28 novembre 2006, 11h

Hier soir, vers 22h. Une reprise, en film, de « Starsky et Hutch », à la télé. Ma fille me dit: »tu te souviens quand je le regardais, petite…je me souviens, la télé était surélevée, il y avait un fauteuil en face ». Je ne me souvenais pas. J’ai pensé: elle a 25 ans, maintenant, c’est la profondeur du temps pour elle, plus de 20 ans. Et pour moi, un clin d’œil. Comme le temps passe vite, comme on dit. Mais c’était plus que cela, pour moi, cette impression d’avoir voulu délibérément vivre au jour le jour, d’avoir fait passer le temps, comme s’il s’agissait d’une autre vie. De refuser de regarder les choses en face? De désinvolture par rapport à mon temps de vie.

L’avoir dépensé sans compter, comme on gaspille de l’argent.

J’ai songé aussi à mes rapports avec les jeunes, comme ceux qui travaillent avec moi. Cette difficulté à leur donner un âge, comme s’ils avaient tous le même âge jusqu’à la quarantaine. Difficulté de savoir comment ils pensent et comment je pensais à leur âge, comme s’ils étaient trop jeunes pour ceci, pour cela, et que ce n’était sérieux que pour nous à leur âge. Cette perte de contact. Quand a-t-elle commencé. Après 50 ans je crois. Avant, je raisonnais comme si nous avions tous le même âge. La soixantaine maintenant. Et, exactement, comme aujourd’hui, 70 ou 80 ans, et devant la mort immédiate. Je sais que je penserais alors exactement comme maintenant, comme si rien d’autre n’était arrivé, étonné, indifférent, surpris, sans aucune idée extraordinaire devant l’échéance immédiate, pensant aux choses banales de la vie, mes enfants, ma famille les derniers conseils, comment vont ils vivre etc..

Très bon documentaire, hier, sur ARTE sur les USA. La contradiction permanente dés la naissance, le mensonge originel, permanent; les fondateurs, la déclaration des droits de l’Homme, avec l’esclavage à côté, le massacre des propriétaires de ce pays, les Indiens: en 1870, comme les bisons, il n’en restait plus que 250 000 sur des millions, 95% avaient été tués. La démocratie, leur maître mot, seul l’homme blanc ( pas même la femme) avait le droit de voter, jusqu’au 20ème siècle. Cette idéologie schizophrène d’un pays choisi par Dieu; destiné à apporter la liberté aux autres: le Vietnam, aujourd’hui l’Irak.

Mais en même temps ce sentiment de culpabilité permanente qui explique le puritanisme: par rapport à la richesse, l’industrialisation qui se fait en 50 ans.

Le racisme: chaque couche d’émigré nouvelle en souffre: les suédois sont refusés dans les bars, puis les italiens etc.. Chacun juge en fonction de sa date d’arrivée, une hiérarchie sur ce critère, sauf bien sûr pour les noirs et les indiens. Un peu, comme le Français qui dit qu’il est de souche.

Vendredi 15 décembre 2006 17h30

  Reportage sur une télé française (TF1), il y a quelques jours: en Russie des pogroms contre tchétchènes, asiatiques, Georgiens, noirs, etc.. tout ce qui n’est pas slave. Un parti avec la croix gammée russifiée travaille au grand jour. Ses militants se promènent en uniforme dans les rues, les bus . Il proclame la race slave supérieure, son dirigeant dit sa joie dans les meetings  » de ne voir que des blonds aux yeux bleus ». Après les pogroms, les habitants des autres villes disent tranquillement  qu’ils approuvent.

 

La violence  est inouïe: dans une grande ville, un petite fille « métèque »a été tuée à coups de couteaux. Un étudiant noir aussi. Les assaillants ne sont jamais inquiétés.

Les slaves, les blonds aux yeux bleus! A ce titre, 90% de la planète serait rejetée, y compris la plupart des européens.

Dans beaucoup de villes, les ressortissants des ex républiques soviétiques partent. Les étudiants noirs se hâtent, le soir, de rentrer chez eux à Moscou.

Si l’ex URSS a enfanté cela, c’est peut être qu’elle pouvait l’enfanter. Peut être car dans les pays démocratiques c’est impensable sous cette forme, la démocratie a aussi construit des traditions, il en reste quelque chose. Ou bien est ce l’humiliation nationale, et son produit notamment dans les grandes puissances quand elles s’écroulent: le national socialisme, mélange de  nationalisme exacerbé et de protestation sociale.

La Russie a une armada nucléaire. C’est extrêmement dangereux. Il est temps que les pays arabes et musulmans aient, eux aussi, les moyens de tenir en respect de tels pays ou alors ce sera terrible.

Poutine, lui continue d’empoisonner des opposants, comme au temps de Raspoutine.

Je me réveille déprimé. L’envie de vivre devient moins forte, sinon faible. Où est la joie de vivre.

Je regardais cette puissance du sentiment religieux au Sri Lanka après le Tsunami. Pourtant des milliers d’enfants sont morts, on les voit, leurs corps rangés, les yeux clos, innocents. Pas de révolte, mais le sentiment religieux encore plus fort. La mort révèle l’existence de Dieu.

En Afghanistan, les Talibans progressent, les collabos n’osent même pas apparaître dans certaines régions. Le Pakistan a essayé de les attaquer dans la zone tribale: il a perdu 600 soldats. Il a été obligé de faire un accord avec eux.  Les Américains ont bombardé une école, tuant des dizaines de jeunes. Le résultat: les jeunes s’enrôlent en masse contre l’envahisseur.

Le premier Ministre Israélien a fait un lapsus: »Pourquoi Israël n’aurait elle pas la bombe, puisque les USA, la France etc.. l’ont ». Lui, peut dire cette vérité simple. Pas l’Iran.

Vendredi 29 Décembre 2006

Le collabo, premier ministre de l’Irak, sous occupation américaine, vient de déclarer que « Saddam sera pendu sans délai ».

Les américains veulent donc exécuter Saddam. Ils sont bien dans leur tradition de lynchage.

Mais pourquoi veulent ils le faire alors qu’ils savent bien que le monde arabe va être horrifié. La bêtise, la folie, la cruauté, l’arrogance? Explication trop facile. Ils ont du réfléchir à cela depuis longtemps, c’est mûrement réfléchi. Ils savent qu’ils vont ainsi pousser au développement du terrorisme, et ils ont besoin du terrorisme pour gérer le Monde.

Gageons que le plupart des Etats arabes vont rester silencieux. Le notre en particulier. Notre Président préfère réserver son courage à admonester son peuple, comme il l’a fait ces derniers jours, disant avec regret  » qu’on ne peut changer de peuple », et « que nous ne pouvons avoir le peuple du Japon ».

Les chefs d’Etats arabes n’ont même pas envoyés de message aux américains pour leur demander de ne pas exécuter Saddam. Les Américains continuent de leur montrer ce qu’ils pensent d’eux et les traîner toujours plus bas que terre, à les rouler dans la boue, à leur faire boire le calice de la trahison jusqu’au fond.

Seuls les Etats européens protesteront probablement, et contre seulement le principe de la peine de mort.

On dit que Saddam pourrait être pendu Samedi. Le jour de l’Aid El Kabîr. Imaginons que cela soit un occidental, et le jour de la Noël. Les Américains ne veulent rien épargner aux musulmans, ils poussent la provocation à l’extrême.

Samedi 30 Décembre 2006

Ils ont pendu Saddam Hussein, ce matin, à l’aube.

Les Américains ont fait au Monde arabo – musulman un cadeau barbare, un sacrifice humain, comme avant Abraham.

Saddam Hussein est mort dignement, regardant la potence comme si c’était la mort d’un autre, calme et détaché, comme s’il voulait lui même en finir.

Lundi 1 er janvier 2007, 16h30  

Sur l’exécution de Saddam, le pouvoir algérien a fini par publier un communiqué ( non signé) qui est un modèle de lâcheté. Je cite: « Sa culpabilité a été établie par un jugement des hommes dans des circonstances et dans un contexte faisant l’objet d’appréciations antagonistes et de positions polarisées ( on admirera le style ampoulé) « L’Algérie regrette la mise à mort de l’ancien président Saddam Hussein le jour de l’Aid El Adha… »

Mardi 2 janvier 2007 11h30

Deux aspects parmi d’autres de ce qui se passe dans le mode depuis l’effondrement de l’URSS:

-         les américains s’attaquent un à un aux régimes qui étaient alliés à l’URSS. Ils n’en oublient aucun: Yougoslavie, Irak, Syrie etc.. Un règlement de comptes.

-         Ils préparaient, notamment par la propagande à la Télé, la lutte « anti- terroriste » avant même que le terrorisme n’existe. Ils l’avaient donc prévu. Ils avaient notamment prévu de faire de la « lutte anti-terroriste » la nouvelle stratégie,, celle qui remplacerait la lutte anti-communiste.. il y a un fil directeur dans toutes leurs actions: exacerber le terrorisme notamment arabe et islamique pour gérer et contrôler le monde, et notamment leurs alliés sur cette base. C’est ainsi par exemple qu’ils maintiennent l’Europe sous leur tutelle.. Pas si bête.

Samedi 7 avril 2007

C’est étrange comme les choses s’inversent avec l’âge:

-         jeune, quand, je pissais, je faisais attention à ce que mon jet ne fasse pas de bruit dans le fond de la cuve. Maintenant, c’est tout le contraire et j’y puise un plaisir.

-         Jeune, je regardais avec tendresse et même complaisance certaines relations sexuelles marginales,. Ou sans angoisse les conflits sentimentaux ou familiaux. Je remarque que c’est la réaction de jeunes qui ne donnent pas l’importance que je donne moi, maintenant, à des relations « hors normes », immorales.

Pour les jeunes, les problèmes de notre passé qui touchent douloureusement notre génération sont pour eux des problèmes » historiques »,  et ils les voient avec détachement.

-         Mais maintenant certains problèmes familiaux, sociaux m’angoissent,  par exemple les problèmes de mon fils aîné, son attitude par rapport à moi, par rapport à sa sœur et son frère, ce qui se passera après…ma disparition. Avec l’âge, on est plus conscient de la densité des rapports humains, de l’importance de ce qui a été édifié depuis des milliers d’années, de la profondeur de l’organisation sociale et de ses raisons.

-         J’avais été étonné, à la mort de ma mère, que le plus important pour elle sur son lit de mort, c’était nous, et même quelques jours avant les questions aussi d’héritage, de ce qu’elle allait laisser, de prévenir nos conflits. Cela me paraissait dérisoire par rapport à la mort. Et voilà, que peu à peu, je raisonne de la même façon et que je comprends maintenant que les dernières pensées, comme dans les histoires qu’on raconte, les dernières recommandations, peuvent être pour ses enfants.

  A noter: le développement des pays occidentaux n’a pu être possible que parce qu’ils l’ont interdits au reste du monde. Et maintenant, que la Chine et l’Inde émerge, la planète chauffe et on s’aperçoit que qu’il n’est pas possible pour l’humanité de faire comme eux.

Dimanche 15 avril 07, 9h30

 Il y a quelques jours ( Mercredi, je crois), émission « C dans l’air » de la 5 française sur les attentats d’Alger. Yves Boisset, ex Directeur de la DST émet franchement et semble-t-il de façon autorisée la thèse d’une « alliance objective de « El Quaida » avec l’administration Bush« . Il fait remarquer que « les attentats terroristes n’ont jamais déstabilisé un Etat, que les américains avaient besoin de se trouver un nouvel ennemi après l’effondrement de l’Union soviétique »

et que « ces attentats permettent la main mise des USA sur le Maghreb ( il donne des exemples de pression de l’administration Bush sur  l’Algérie) ainsi que sur les pays du Sahel ( Mali, Sénégal, Touaregs, Niger). » Il ajoute que El Qaida » c’est la tarte à la crème. »

Hier, panique à Alger: rumeurs d’attentats alimentés, chose sans précédent, par l’ambassade des USA à Alger.

Le journal Al Watan, reprend aujourd’hui la thèse de la déstabilisation  du pays, par les USA, par « Al Qaida » interposée. Argument de plus en plus troublant. C’est aussi une fois la preuve de la sensibilité de ce journal aux thèses françaises.

Samedi 21 Avril 2007  

Le Lundi 16 avril: Un étudiant, Cho Seung-Hui, a fait un massacre sur le campus de l’Université Virginia Tech aux USA: plus de 30 morts. Voilà la civilisation américaine. C’est l’Irak en plus petit. Leur violence, ils l’exportent par tout. Ils disent avec insistance que c’est un étudiant sud- coréen. En réalité, il est depuis l’âge de 8 ans aux USA, avec sa famille

Mardi 26 fevrier 2008 9h, DEPRESSION   

Hier je suis allé faire mes examens médicaux. Il sont normaux. L’anxiété ou l’angoisse terrible que je traînais depuis Décembre 2007 a brusquement disparu.  C’est comme si je revenais à la vie. J’ai regardé, dans le soleil, les gens, aller et venir. J’ai regardé les femmes, les courbes de leur hanche. C’est comme si je redevenais comme tous ces gens que je voyais passer. Comme eux. Tout simplement vivant.

Tout simplement en vie, comme si j’étais éternel. Vivant sans me poser de questions. Je redevenais disponible, le mot est important, non plus tourné vers moi même, mais vers l’extérieur. J’ai senti l’énergie me revenir, l’envie de projets, de faire des choses.  Toute cette énergie était donc pompée les jours précédents par mon anxiété. Je suis allé acheter deux cigarettes et en ai fumé une avec plaisir. J’ai ensuite rencontré dans la rue un collègue de l’ Université. Il m’a parlé de son pessimisme devant la situation du pays, de nos salaires de misère, qu’il ne pouvait même pas s’acheter des habits, répondre aux demandes de ces enfants. Il m’a dit qu’il était fils de Chahid, que son père était le bras droit de Amirouche, qu’il avait été sur les genoux de Amirouche, lui enfant, et que maintenant voilà la situation. C’est moi qui lui ai remonté le morale, lui disant qu’il fallait voir, pour chacun de nous, les points positifs de notre vie, et que de toute façon il y aurait toujours des problèmes quelle que soit l’époque, au moins le problème du drame de la vie, l’âge, la vieillesse, qui ne disparaîtra jamais 

Ce matin, je m’étais réveillé avec la même angoisse, les mêmes idées noires, et l’anxiété de ce jour où je devais aller voir le médecin. J’ai fait du sport avec beaucoup de difficulté et j’ai eu peur car il n’y avait pas ce mieux que me donne d’habitude le sport, de l’adrénaline, une poussée même brève d’optimisme. La veille j’avais fait cependant des progrès: je m’étais obligé à chasser les idées négatives, à ne pas y penser, à m’appliquer la nouvelle règle que j’avais trouvé: vivre le moment, puisque j’étais vivant, et qu’apparemment tout fonctionnait bien dans mon corps, sans me poser des questions.  Ce que j’appelle « les idées noires », ce sont ces idées qui m’assaillent depuis Décembre. Cela avait commencé, peut être le facteur déclenchant?, par les examens cycliques que je fais à la même période. D’abord la peur panique de l’examen,  que l’on découvre une évolution . Cette peur, je crois, a ensuite enflé: je prends conscience brusquement que j’ai plus de la soixantaine. Je deviens subitement sensible à des réflexions d’amis, l’un me dit que « nous sommes une fin de série », l’autre que « nous sommes en fin de vie ». Cela résonne douloureusement en moi. Anxiété de plus en plus grande. Je me dis d’abord qu’il me reste à tout casser 20 ans à vivre et après plus rien que la différence c’est que maintenant je ne peux plus me projeter comme avant à différents âges, 40 ans, puis soixante ans comme je le faisais avant, j’atteins une limite, une frontière, un mur, et après rien. Puis, je révise à la baisse : dix ans peut être? Et encore moins, j’ai fumé , c’est 10 à 20 ans de moins de vie d’après les statistiques. Donc, plus rien, la mort est imminente. Le mot retraite se met à prendre un sens douloureux. Tout ce qui est dit à ce sujet résonne douloureusement. Je constate éberlué que j’avais raisonné faussement, me disant qu’à cette âge, je pourrais enfin écrire, faire ce que je voulais. Mais je n’avais pas prévu cette disparition de l’énergie, de l’envie. Cela se développe: regrets des occasions perdues, de ce que je n’ai pas fait, bilan négatif de ma vie, tout est vu en noir. A Tunis, crises d’anxiété, mains moites, surtout au retour en avion. Perte progressive de l’envie, du désir de faire des choses, de vivre. Y… essaie de me convaincre que  « ça se passe dans ma tête », que « c’est le meilleur âge », m’engage à quitter ces idées noires, « à ruser avec elles « , à avoir des projets. L’anxiété se développe: je cherche à dormir, j’attends ce moment toute la journée, pour m’abîmer dans le sommeil, surtout que je ne fume pas et que cela me permet de résister à la cigarette. Mais les matins, les réveils surtout sont difficiles. L’impression que je n’avance pas, que je ne résous pas ces problèmes, je suis fatigué de ces idées obsessionnelles qui ne me quittent pas.  La peur de la maladie s’étend à d’autre sujets: je fais prendre ma tension par le psychiatre: 14/8, « la limite » me dit-il. C’est, je le sais maintenant, un fait pour lui secondaire, mais cela résonne en moi. Je suis désormais préoccupé par ma tension. J’ai peur d’être hypertendu. Un soir, je prends mon courage à deux mains, et je prends moi même ma tension avec un appareil acheté par ma fille. Tachycardie extrême, mon cœur s’emballe pendant la prise, tension jusqu’à 16. L’idée que c’est vraiment la fin, mais cet acte me calme, je suis étrangement calme ce soir là mais avec l’idée que je suis vraiment passé à un autre stade, celui de la fin. Le soir, après 21h, je reprends ma tension, d’abord élevée, elle redevient normal, 15.5/8 puis 13.2/8 une fois que le cœur se calme et bat à 67 pulsations. Cela me soulage, comme un immense poids qui disparaît et je sombre serein, épuisé dans le sommeil. Mais le lendemain matin, tout revient: je suis persuadé d’être hypertendu. Je reprendrais d’ailleurs ma tension deux ou trois jours après et ce sera de suite la même tachycardie et une tension élevée. Parallèlement je sui attiré, comme à l’époque de mes angoisses sur le cancer de la prostate , par Internet et je cherche, de façon obsessionnelle, en tremblant de plus en plus, tout ce qui concerne la tension. J’y découvre « l’effet blouse blanche », mais au lieu de me rassurer, cela m’angoisse encore plus. La peur que ce stress ne me rende hypertendu définitivement, l’idée que lors d’un examen on puisse faussement me juger hyper tendu et me soigner encore une fois à vie. Impossible de me raisonner; j’ai beau me dire, comme me le fait remarquer Y.., que je ne retiens pas les valeurs positives de ma tension celles quand je suis calme, mais que les valeurs négatives, mais rien n’y fait. La peur enfle et maintenant elle est toute concentrée dans l’âge, la fin de vie.  Je vais chez mon frère. Il me parle de notre père, et des différents âges où il a fait des choses. Il me fait remarquer comment nous le trouvions vieux, alors qu’il était relativement jeune, en tout cas

plus jeunes que nous maintenant, et que, le livre qu’il a écrit, il l’a fait vers la fin de la cinquantaine. Mon père devient désormais un repère qui alimente mes idées noires, d’échec, de vieillesse. Je pense à la rapidité des années qui se sont écoulées entre sa soixantaine et sa mort. Je tourne en rond dans mon bureau, anxieux, essayant de régler mes problèmes par la logique: je me dis que la tension est un fantasme , et l’examen médical banal, qu « il vaut mieux le faire justement pour me soigner à temps », l’absurdité de ses peurs puisqu’elle ne permettent pas de se soigner éventuellement et à temps, mais rien n’y fait. Je ne peux résister à essayer d’aller sur Internet pour combattre « scientifiquement » ces peurs. Mais cela les alimente. Je suis notamment surpris par les forums sur l’hypertension où je retrouve des gens comme moi, pris de panique à l’idée de la prendre. Je suis frappé par l’absurdité et les conséquences dévastatrices de cette peur, et j’ai une réaction de colère envers moi. Comment puis je me mettre dans de tels états. Je prends conscience à tout ce temps perdu dans ces états, et comment cela m’empoisonne la vie. Je suis éberlué par « cette peur de la mort qui tue » comme c’est dit sur un site Internet, et de l’absurdité de ce comportement: il fait naître en vous des souffrances qui sont insupportables, vous retire l’envie de vivre, et c’est justement comme cela qu’on peut être amené vers ce qu’on craint maladivement, vers la mort elle même, le suicide, pour échapper à ces souffrances. Mais rien n’y fait: essayer de combattre tout cela par la logique ne sert à rien car j’alimente mon angoisse.  Plus tard, je comprendrai, comme c’était le cas hier, que tout dépend de l’état d’esprit dans lequel on reçoit les choses, et que lorsqu’on est vivant, qu’on vit, qu’on ne pense pas à toutes ces choses, on les vit de manière différente. Que la prise de la tension ou tout autre examen de routine devient banal. Je décide alors pour éliminer cette angoisse d’affronter le problème de la mort. Je me dis que si je parviens à ne pas en avoir peur, je serai serein. J’écris alors un texte très important pour moi. Je montre ce texte à Y… Elle le trouve très bien, très profond.  Mais je crois qu’il ne résous pas tous mes problèmes, même s’il est un acquis, écrit avec le forceps de l’angoisse existentielle. Je l’ai constaté hier: je suis rentré sur les blogs qui abordaient le même problème, « La conscience, Dieu » et cela allait bien puis d’autres blogs sur « la peur de la mort » et j’ai retrouvé la même anxiété que mes longues journées dans « l’internetose » sur la recherche des maladies. Nouvelle angoisse, juste avant d’aller à la visite médicale. Pourtant la veille, un grand progrès et je sais maintenant que c’est la voie à suivre.

J’avais décidé de vivre, de vivre le moment, de me contenter de la certitude d’être vivant, de chasser les idées négatives, de ne pas me laisser piéger par l’idée de les combattre par la logique. J’ai réfléchi encore à tout ce temps perdu dans ces obsessions, des mois, des années, comment elles me pompaient la vie, mon énergie, m’empêchant de me tourner vers autre choses, comment elles m’occupaient, me paralysaient  J’étais sorti avec Y.., nous sommes allés au Sheraton, je sentais le besoin de me changer les idées, d’échapper à ce piège, celui d’être tourné vers moi même et mes obsessions. J’y ai d’ailleurs rencontré la jeune médecin dont elle m’avait parlé et qui lui avait banalisé ma maladie. J’étais déjà mieux et en plus j’ai donc reçu ses paroles rassurantes sur cette maladie et sa banalité, l’efficacité des soins, je me sentais très bien . En plus, elle me dira sincèrement « vous êtes jeunes », et on me le dira encore une deuxième fois, en fin de soirée, C’est Youssef que nous avons rencontré à la supérette  qui me le dira « tu as rajeuni ». Bref une journée positive où j’étais arrivé à ne pas me laisser tenter par une conversation avec mes idées noires. Je vivais, tout simplement. Puis, comme déjà dit, je suis retombé dans le piège qui s’est déclenché 2 fois: je n’ai pas résisté à ouvrir la lettre du médecin concernant le compte rendu médical sur mon état de santé, puis je suis rentré sur les blogs concernant la peur de la mort où j’ai retrouve des gens aussi angoissés que moi. Mais sans être capables, comme je le ferais maintenant, avec un autre état d’esprit, de prendre de la distance sur ce qu’ils  disent. Tiens, de même que ce blog de cette personne qui parlait de sa retraite, de ses pensées par rapport à la vie, au temps, les années qui restent. Probablement, était elle sereine, mais je recevais ce qu’elle écrivait autrement, de façon angoissée. 

Bref, aujourd’hui, et depuis hier, j’ai appris des choses. Quoi? Tout d’abord, et c’est je crois l’essentiel, une chose que j’appellerai l’état d’esprit. Qu’il change et toute la façon de revoir les choses, de les voir, change. Il n’y a pas la raison en elle même, capable de me guérir par la force de l’argumentation. La peur est irrationnelle. On ne la combat pas avec des arguments. Elle a un effet de loupe. Elle est panique, destruction de la raison. J’ai appris aussi que vivre c’est simplement …vivre, sentir qu’on est vivant, ne pas se demander si on va le rester, combien de temps ça va durer, c’est vivre comme cela devait toujours durer, ou plutôt ne même pas se poser cette question. J’ai appris qu’être tourné vers soi même, ses sensations maladivement, ses peurs, était destructeur, que la vie, c’est s’oublier, oublier son corps, oublier soi même, , tourner son regard en dehors de soi, vers les autres, vers la vie. Et c’est comme cela que l’énergie revient et qu’à son tour, elle permet de ne plus voir les choses de la même manière, de les relativiser, de leur donner leur juste place, de ne pas les dramatiser, de retrouver l’équilibre vital, les vrais repères les vraies normes, d’éliminer les déformations de la réalité et donc l’anxiété. Que l’anxiété, c’est justement être piégé par le tête à tête stérile avec soi même, ou plus exactement, je ne trouve pas les mots, avec cette angoisse de quelque chose qui n’existe pas et dans quoi on se met à vivre, par exemple la maladie, la mort, comme si on y était, on la vivait, et alors le corps réagit par l’angoisse. Il coupe la relation avec l’extérieur, il se morfond, il est triste, il dit à quoi bon, il s’isole. Il agit comme s’ il n’y avait que lui de réel, et que le reste, les gens , la rue, la vie bouillonnante autour s’estompait et devenait comme un décor silencieux, un peu comme dans ces films où le son de la rue s’estompe peu à peu, et où les passants deviennent des fantômes silencieux qui passent dans une atmosphère ouatée. On en vient alors à s’étonner que les autres puissent exister, vivre, et à ne plus se souvenir qu’on était comme eux, et on se demande comment on était lorsqu’on était vivant, qu’est ce qui nous motivait, pourquoi on se passionnait, on s’intéressait à ceci ou cela.

  

 Samedi 1er mars 2008   

El Watan, du jour, n°5263. Un article signé Yacine Ferrah, en dernière page, sur le 28eme Salon du livre à Paris. Le titre « les pays arabes brandissent la menace du boycott ».  En effet ce salon aura comme invité d’honneur Israël à l’occasion « du 60eme anniversaire de sa création ». Amusant, quand on lit l’article, les arguments du journaliste s’étendent longuement et exclusivement sur le point de vue Israël. On sent vers où vont ses sympathies et l’hostilité qu’il a, et qu’il cache difficilement, à ce boycott. Les organisateurs du Salon et Israël s’étonnent ainsi, avec candeur, qu’on « mélange ainsi politique et culture », alors que c’est eux qui le font.

  

Jeudi 6 mars 2008 9h50

J’ai affronté mes peurs: j’ai pris ma tension ce matin. Tachycardie, tension à 14. Mais j’ai continué, je me suis dominé, je me suis calmé: 13/8. Une renaissance. Cela tenait donc à cela. D’un seul coup une vision positive. Je n’ai plus eu « ces idées noires », l’impression d’être en fin de vie. Ce mur contre lequel je butais en pensée chaque matin: ma vie est finie. Je n’ai plus de temps. La mort est devenu pour moi une question pratique, pour paraphrase l’auteur de « cent ans de solitude ». D’un seul coup, une autre vision du temps, beaucoup de temps devant moi.

Une autre vision de la vie, d’autres sensations, celles d’être vivant, de vivre tout simplement comme si j’étais éternel, sans me soucier de la mort, comme on vit quand on est jeune, comme on vit comme tout le monde, en se préoccupant simplement des problèmes de la vie. Recontact avec la réalité après cette isolement que me causait les idées noires.

Il y quelques jours, Israël bombarde une nième fois Gaza. J’ai été frappé le premier jour par la façon de donner la nouvelle (sur France 24): « 25 morts », dit très rapidement, comme un fait divers. Ah, si cela avait été des morts israéliens, c’aurait été un événement mondial. De plus,  beaucoup d’enfants ont été tués. Ce n’est que deux ou trois jours après, lorsque le massacre a continué, plus de 100 morts dont encore beaucoup d’enfants,  que le conseil de sécurité s’en est ému et que le ton dans les médias occidentaux a changé.

Il y a quelques semaines, rencontre mémorable avec BenBella. Il faudra que j’en parle plus longuement. Un géant. Il nous a parlé longuement de sa vie, de son combat, la création de l’OS, ses rapports avec ses compagnons, la guerre de libération, et il a conclu, le répétant à plusieurs reprises: « En tout cas la France « est sortie d’Algérie », comme si ce fait résumait tout, était le plus important pour lui, la justification de toute sa vie dans ce fait indubitable, qui ne nécessite aucune démonstration, qui justifie et légitime ainsi toute sa vie.

Mais ce matin, j’ai pensé: Mais la France n’est pas sortie de nos têtes.

 

Vendredi 7 Mars 2008 10h38

  Un chiffre: 100 milliards de dollars, donné hier sur France 2, dans une ‘émission de reportages. C’est le montant de la nourriture qui va à la poubelle aux USA. De quoi nourrir l’Afrique. Un mouvement écolo se développe aux USA qui va fouiller les poubelles et se nourrir ainsi, gratuitement.

Toujours aux USA, il  y a des gens, à qui on donne un  nom  que j’ai oublié, et qui désigne ceux qui dénoncent  les tricheries dans les grandes sociétés, suivant le principe de Martin Luther King: se taire c’est mourir. Très courageux: l’un a dénoncé avec ténacité, à Los Alamos où il travaillait, l’absence totale de sécurité dans le stockage des déchets nucléaires.

 

Pire que Tchernobyl, mais quand il s’agit des USA on se tait. Une autre , la faillite frauduleuse d’une grande société  dontj’ai encore oublié le nom. Un autre , le danger des cabines pressurisés de l’Airbus A380. Tous ont vécu une vie d’enfer car ils ont osé parler mais ils ont tenu le coup. De nouvelles formes de lutte et d’humanité. Très intéressant.

Le colonialisme français est le pire des colonialismes. La France, jusqu’à présent intervient militairement dans ses anciennes colonies: Tchad, Rwanda, Côte d’Ivoire, sans que, notons le au passage, ses alliés s’en offusquent ou déclenchent une campagne médiatique. Le colonialisme anglo-saxon n’est pas aussi brutal. On n’a jamais vu des troupes anglaises intervenir dans les anciennes colonies anglaises.

Les droits de l’homme: deux poids, deux mesures. Jamais l’Occident n’a déclenché une campagne contre ses alliés là où ces droits ne sont pas respectés: Arabie saoudite, Iran du temps du shah, Jordanie, Egypte, dictatures d’Amérique Latine, d’Asie, Pakistan etc..

 Au  fond, la question qui me préoccupe depuis longtemps est celle ci:  le bilan de ce 20e siècle. Quel est-il en s’en tenant aux faits. Qu’y a-t il eu de plus important. Certainement pas le socialisme ou le communisme, mais la libération des nations dominées. Lutte qui se poursuit. La preuve, le mouvement islamiste: il n’est au fond qu’un autre visage du mouvement national libération.  8 mars 2008 10h« De mon temps », cette expression banale, automatique, j’en prends une autre conscience aujourd’hui. « Mon » temps, comme si désormais ce n’est plus le mien, c’est celui d’une autre génération. Avoir fait son temps, une autre expression équivalente. Qu’est ce donc ce temps que je vis, et qui ne m’appartient plus ….

Vie privée et vie publique. En France, l’élite dirigeante, politique, s’évertue à réclamer le droit à une vie privée. Elle clame que le plus important est leurs actes politiques et que c’est sur ceux là qu’ils doivent être jugés. En réalité, l’interaction entre vie privée et publique est évidente. Le peuple le sait bien qui s’intéresse à tout ce qui concerne leur vie privée. Aux USA et dans les pays anglo-saxons, peut être à cause des traditions protestantes, on sait qu’elles sont inséparables, et les dirigeants sont aussi jugés sur leur vie privée: Clinton, Nixon.

La politique se situe à l’interface entre l’individu, et donc le psychologique, et la Société, et donc le sociologique. Le pouvoir amplifie, démultiplie l’impact de l’individuel sur le social. On ne peut comprendre le stalinisme sans tenir compte de la paranoïa de Staline et , lorsqu’elle s’est trouvé associée à l’hostilité du capitalisme mondial envers l’URSS, ses conséquences ont été le goulag, les éliminations des opposants etc..

C’est cette interface politique entre l’individuel et le social qui permet de comprendre comment certains hommes représentent, expriment, à un moment les aspirations, l’identité d’un courant social, politique: un caractère modéré, consensuel, réformateur représentera un parti réformiste, comme le faisait chez nous Nahnah, responsable de du parti islamiste Hamas, dont le caractère représentait bien les aspirations de la bourgeoisie musulmane, effrayée par toute solution radicale. De même un profil psychologique entier d’exprimera mieux au seind’ un courant radical, révolutionnaire.

L’Islam est un modèle de la compréhension de cette interaction. Dans aucune autre religion, on ne connaît, et on ne tient compte autant de la vie privée, comme c’est le cas pour celle du  Prophète. Elle est racontée, détaillée, elle est une source d’inspirations de préceptes, d’exemples, sous tous ses aspects.

Au fait le Prophète était terriblement moderne. Son mariage avec Khadîdja, elle propriétaire de l’entreprise, comme on dirait aujourd’hui, et lui travaillant pour elle; l’acceptation de cette relation; elle, plus âgée que lui. Quelle modernité !

 Samedi 15 Mars 2008:

Le Salon du livre à Paris célèbre le 60 ème anniversaire  » de la création de l’Etat d’Israël ». On se trouve finalement devant une opération d’envergure et bien coordonnée, puisque le festival de cinémade Mons, en Belgique, avait fait de même et avait été boycotté par les cinéastes algériens.

De même pour le salon du Livre. Il est finalement boycotté par tous les pays arabes,

dont l’Algérie. Certains, ici, comme d’habitude, se cachaient derrière l’argument qu’il ne fallait pas « pratiquer la politique de la chaise vide« ; Toujours les mêmes, ceux qui avaient été en cachette en Israël et qui voudraient bien en finir avec le problème palestinien, et détestent bien plus Hamas qu’Israël. Pas de chance pour eux, le salon a été inauguré par le président d’Israël, Shimon Pères, lui même. L’opération politique était évidente. Israël fait mine d’ignorer ce boycott, « ce sont ceux qui ne viennent pas qui se punissent eux mêmes« , disent ses représentants. Mais en fait, le boycott l’a mis en rage Israël et les écrivains israéliens de service. Il s accusent les arabes « de mélanger politique et littérature« , ( alors que c’est Israël qui a voulu le faire dans ce salon du livre) et que « boycotter ainsi la littérature c’est agir comme ceux qui brûlent les livres ». Quel excès. La presse occidentale emploie les mêmes arguments. Ils passent étrangement sous silence que des écrivains Israéliens, comme Benny Zifer ont appelé eux aussi au boycott et fait circuler une pétition dans ce sens en Israël. Ils révèlent comment la participation officielle israélienne a écarté les écrivains qui n’écrivaient pas en Hébreu, comme des écrivains juifs ou israéliens écrivant en Yiddish ou en Anglais, et les écrivains palestiniens vivant en Israël, et qu’elle n’a retenu que « les écrivains officiels » dont l’Etat israélien était sûr des positions.

Même scénario, au salon du livre de Turin, où est célébré l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, et que de nombreux écrivains italiens appellent à boycotter.

Wassila Tamzali vient de recevoir le prix de  la chaine de Télé « France 2″, pour son livre « De la révolution à la décennie noire ». La France récompense les siens. Je me souviens de la période coloniale, vers la fin des années 50, où nous la voyions toujours à l’Université avec les pieds noirs. Après l’indépendance, elle s’était faite très discrète. Voilà qu’ils reviennent maintenant plein d’arrogance. Il faudrait toujours connaître la biographie de quelqu’un pour mieux  comprendre ce qu’il dit ou écrit.

 Vendredi 4 Avril 2008

 Jeudi dernier, à la salle Ibn Zeidoun, à Alger, cérémonie de remise des prix du Festival « Panorama ». En compétition les films financés par l’Etat à l’occasion de l’année « Alger, capitale de la culture arabe.

Soirée sordide. La présentatrice parle d’abord en arabe et ensuite en français, sous prétexte qu’il y a quelques invités étrangers. Mais c’est surtout, on va le comprendre, parce que la Ministre de la Culture, va intervenir après et qu’elle est plus à l’aise en français. Elle parle ensuite donc, dans un sabir, ou un « pataouet », comme on voudra, d’arabe mélangé à du français, infect et vulgaire. Par exemple, pour une salle de cinéma qui a été réhabilitée, elle dira, dans ce qu’elle croit être de l’Arabe, que cette salle est devenue « poupouna » (équivalent de poupon en français » ) et en français, qu’elle a été « retapée » incapable de faire la différence dans le français entre l’argot et la langue classique. On est saisie par un sentiment de honte pour notre pays  mêlé d’humiliation. Ailleurs, des ministres de la culture s’appelaient Malraux, dans les autres pays arabes, les ministres de la culture  parlent un Arabe dont on se délecte. L’Algérie est le seul pays du monde où le ministre de la culture actuel ne connaissait pas la…langue nationale et a essayé de l’apprendre à son poste.

Beaucoup des récompenses qui ont été données l’ont été à des films franco-algériens, « Cartouches indigènes », « Morituri », « La Maison jaune », certains tournés en Français pour… »l’année de la culture arabe ». Quelques uns des réalisateurs  n’ont même pas daignés présentés leur film en Algérie. Le colonialisme a encore de beaux jours.

D’autres artistes, récompensés, rivalisaient de flatteries et d’actes d’allégeance envers la Ministre. Triste soirée pour mon pays.

A propos encore de colonialisme, les membres de l’arche de Zoé ont été « graciés » par le Président du Tchad et sont sortis de prison. Le Président du Tchad ne peut évidemment rien refusé à son protecteur la France. Plus de 100 enfants tchadiens avaient été kidnappés sous prétexte qu’ils étaient des enfants du Darfour. Encore une retombée de la manipulation de la crise du Darfour. En France, l’opinion n’est pas tellement offusquée de cette libération, même si, ici et là, on sent quand même que la justice, les droits de l’homme etc…en prennent un sacré coup, que c’est trop gros et qu’il ne faut pas trop tirer sur la corde de l’humiliation de l’Afrique. Ah, si ces enfants avaient été français…

En Afghanistan, Sarkozy va encore envoyer des troupes pour faire plaisir à Bush et « lutter contre le terrorisme ». La tarte à la crème du terrorisme , de la lutte contre l’islamisme a remplacé celle de la lutte contre le communisme. Sur une chaîne française, des journalistes reconnaissaient que le régime de Kaboul ne tiendrait pas une minute sans le soutien des troupes étrangères. On y continue cependant de parler de lutte contre le terrorisme, pour la liberté en Afghanistan etc. … Ils oublient seulement une chose très simple:  les Talibans eux sont chez eux. Quand, c’étaient les troupes soviétiques, l’Occident admirait la lutte des Afghans contre l’invasion étrangère. Les troupes américaines, anglaises, françaises ont remplacé les troupes soviétiques.

On montre, en boucle, les images des talibans faisant exploser les immenses statues de Bouddha sculptées dans la pierre pour conditionner l’opinion occidentale. Les américains ont fait pire en Irak contre la culture irakienne: ils ont bombardé des trésors culturels, détruits, pillés.

Qui terrorise qui ? Je suis perpétuellement étonné de voir comment des choses toutes simples ne sont pas dites, comme par exemple que ce sont des pays comme les USA, l’Angleterre, la France, qui ont des troupes dans des pays un peu partout dans le monde, qui sont en guerre directe ou larvée, en Irak, au Tchad, en Afghanistan, au Congo, en Côte d’Ivoire etc.. et qu’aucun autre pays au Monde n’a des forces militaires à l’étranger.

L’Afghanistan, l’Irak, au centre de l’actualité, mais tout le monde sent que le pays qui est l’objet des soucis profonds et cachés de l’Occident, c’est la Chine. L’affaire du Tibet a été réactivée cette semaine, comme par hasard à l’approche des jeux olympiques. Ces jours ci, une énorme campagne a été lancée contre la Chine sur à peu près toutes les chaînes occidentales. Ah, s’ils pouvaient faire la même chose pour la Palestine, par exemple.

Le Tibet devrait probablement être indépendant mais , dans ce cas, cela n’est d’évidence qu’un prétexte. La campagne contre la Chine a cependant des difficultés à trouver son rythme et sa cohérence: il y a le marché de 1milliard 500 millions de Chinois et la concurrence du capitalisme mondial autour de ce marché, il y a la croissance économique de la Chine et le nouveau rapport de forces qu’elle induit, il y a aussi sa puissance militaire et son indépendance en armements.

                                   

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