Les caricatures de l’image du Prophete, Hamas etc..

Vendredi 3 février 2006 10h40

Que de choses à écrire ou que je devais écrire et que j’ai oublié et que je n’écrirai  jamais.

Essayons d’en sauver quelques unes de l’oubli.

 Il y a d’abord cette victoire de du parti Hamas en Palestine aux élections législatives. Victoire écrasante, démocratique, par les urnes, comme avait été celle du FIS en Algérie, mouvement islamiste en Turquie, des frères musulmans en Egypte, des partis musulmans en Irak si les américains laissaient faire, et finalement partout, dans les pays arabes où on s’en remet aux urnes.

Stupéfaction ( feinte ou réelle?), panique, haine, mépris dans les médias occidentaux et Israël, chez toutes et tous, comme un seul homme. L’argument absurde, déjà entendu en Algérie, qui est ressorti une nouvelle fois: « Hitler aussi l’avait emporté par les urnes ».

Argument absurde qui consiste à exporter vers nous leur Histoire, une histoire qui n’a rien à voir avec la notre, à penser notre histoire avec leurs repères, en oubliant que le nazisme comme le colonialisme et le produit de leur Histoire et de leur civilisation moderne, celle des Maîtres et que même leur démocratie est impériale comme celle de tous les empires, et qu’elle a toujours eu une odeur de massacres, de sang et d’oppression. Mais le maître ne pense-t-il pas toujours que la liberté, la démocratie n’est bonne que pour lui, et ne l’est pas pour l’esclave. C’est exactement ce qui se passe. Dans cette panique, cette haine, il y a sans cesse, cette idée dite ou implicite que la démocratie n’est pas faite pour les arabes, qu’elle est ici dangereuse, la preuve: Hamas!! L’universalité de ces valeurs, dont ils se gargarisent, et ils le clament eux mêmes sans s’apercevoir de cet aveu qu’ils font alors sans cesse, cette universalité ils n’y croient pas, puisqu’ils l’arrêtent aux frontières arabes.

Le quartet (USA,Europe, Russie et Secrétariat Général de l’Onu ), ce qu’ils appellent la communauté internationale, se réunit immédiatement. La déclaration est lue par Koffi Hanan qui se déshonore une nouvelle fois, en lisant le communiqué que lui dicte ses maîtres et là encore, tout un symbole, en tournant le dos à l’Universalité qu’il est censé représenter. Un ultimatum est adressé à Hamas: il doit reconnaître l’Etat d’Israël, appliquer les résolutions de l’ONU concernant « le processus de règlement du conflit », renoncer à l’action armée, ne plus être une organisation terroriste. Et la sanction est annoncée: arrêt des subsides de l’Europe et de l’ONU aux populations des territoires occupées.

Quelques misérables millions de dollars envoyés chaque année et qui sont une goutte d’eau dans l’immense océan de misère à Gaza et dans les camps de réfugies. Chantage ignoble.

C’est Koofi Annan qui demande à Hamas de respecter les résolutions de l’ONU qu’Israël a méprisé depuis sa naissance.

C’est à Hamas qu’on demande de renoncer à « l’action armée » que mène tous les jours Israël avec des moyens sans commune mesure.

C’est Hamas qu’on qualifie d’organisation terroriste alors qu’Israël a fait du terrorisme d’Etat, des représailles, des assassinats de dirigeants palestiniens, de la politique de terreur sur la population palestinienne depuis sa création, le fondement de sa stratégie.

C’est à Hamas qu’il est demandé de reconnaître l’Etat d’Israël. Monde absurde ou on demande à ceux qui n’ont pas d’Etat de reconnaître un Etat, qui lui existe bel et bien  et qui les opprime. Où l’Etat qui n’a pas besoin d’être reconnu pour exister et qui déploie avec arrogance sa force, et qui a toujours empêché l’existence d’un Etat Palestinien, exige de l’autre une reconnaissance dont au fond il n’a pas besoin. Ou l’Etat qui existe exige de celui qui n’existe pas qu’il le reconnaisse s’il veut exister. Exigence absurde, irrationnelle mais qui cache, comme toujours, une autre logique: celle qui consiste à remplacer le fond par la forme, à déplacer l’attention qui doit porter sur les faits, la réalité ( celle de l’existence d’Israël et de la non existence actuelle d’un Etat Palestinien), à la déplacer vers les intentions, celle de Hamas de « détruire l’Etat israélien ». Un procédé intéressant. Mais il dévoile du même coup, la logique cachée derrière l’absurdité logique et donc la véritable intention: faire de cette reconnaissance exigée de l’Etat d’Israël du même coup celle de la négation d’un véritable Etat palestinien, de sa réduction à une réserve d’indiens américains, à un bantoustan, celle du maître qui exige la soumission, et qui dévoile du même coup ce que veut en réalité le Maître, que soit reconnu pour les siècles à venir qu’il est le maître et que l’autre n’existe que par lui, et à travers lui.

Coïncidence étrange de l’actualité, c’est en même temps qu’a éclaté cette affaire de la caricature de l’image du Prophète dans un journal Danois. Le Prophète représenté avec un visage hirsute de barbe et menaçant, les premières phrases du Coran écrites sur un turban en forme bombe avec une mèche allumé.

Emotion, indignation dans le monde musulman,. En France, le directeur de France soir avait reproduit la candidature. Il est limogé par le propriétaire du journal qui est paraît il un copte égyptien.

Indignation des médias occidentaux, mêmes analyses, mêmes commentaires, même attitude envers le monde musulman, comme un seul homme. On en appelle, avec un air qui se veut objectif, à la liberté d’expression. Un sourire condescendant qui se veut attristé: « les arabes et les musulmans ne la connaissent pas encore, ils ne sont pas habitués aux caricatures. » On ramène des arabes et musulmans de service , tel Chebel, pour expliquer les mœurs étranges des musulmans, le tabou (faux) sur la reproduction de l’être humain, sans songer une minute que les arabes et les musulmans font des photos, des films comme tout le monde, le tabou concernant l’image du Prophète. Et puis, la retenue « anthropologique » et « curieuse » affichée dérape ensuite vite et souvent pour faire apparaître le mépris et une hostilité enracinée culturellement aux relents d’esprit de croisades. Sur la Chaîne 5 française, à l’émission « c dans l’air », il y a l’inévitable « expert des questions arabes, dont je crois avoir déjà parlé, un ex Libanais. Sur les manifestations qui ont eu lieu, il dit méprisant que « les pays arabes sont hypocrites », et que dans ces pays, c’est connu, il suffit de « détourner un ou deux bus » d’en faire sortir les occupants pour organiser une manifestation. Yves Calvi, l’animateur renchérit à tel point que le précédent est lui même obligé de signifier qu’il exagère et que « les arabes ne sont quand même pas des sauvages ». Icxi, comme dans tous les médias occidentaux, on cherche à faire un lien entre la victoire électorale de Hamas et cette réaction des musulmans à la publication de cette caricature, et on s’étonne que « Hamas lui n’a pas pris position sur cela. Mais on y voie vite de la duplicité et la tentative « de cacher sa véritable nature et de paraître respectable ».

Mais s’agit il de liberté d’expression, si tant est qu’elle existe en Occident sur les sujets qui lui paraissent vitaux: Israël, l’Islamisme, le fondamentalisme etc.. Là, la pensée est unique. L’humoriste Dieudonné a été exécuté médiatiquement pour avoir dit « Isra Heil ! » C’était portant marrant. Mais il avait touché à un tabou.

Le vrai problème est que la caricature est venue de l’Occident et qu’elle est assimilée forcément à ce qu’elle est: l’hostilité, le mépris et l’intolérance à toute une partie de l’humanité, à sa civilisation et sa culture. Du même coup, cette partie de l’Humanité s’identifie totalement à sa conscience et son identité religieuses et exprime sa révolte en termes religieux, et puise dans la religion les moyens de sa mobilisation et les symboles de sa résistance. La conscience religieuse exprime la conscience sociale. De la même manière, le protestantisme était la forme religieuse de la lutte contre l’oppression de la féodalité et de l’Eglise catholique qui lui était liée.

En Côte d’Ivoire, le colonialisme ou plus exactement le post colonialisme se trouve menacé. Intéressant de voir comment en France, cette quasi unanimité dans les analyses, pour s’attrister » que les Ivoiriens fassent de la France le bouc émissaire de leurs problèmes ».  Coïncidence et ironie de l’Histoire, cela arrive en même temps que la polémique sur la loi du 23 février française sur le rôle positif du colonialisme ». Si c’était le cas,  les ivoiriens en redemanderaient. Là aussi le procédé est simple: diviser pour régner, les problèmes sont réels, divisions, luttes intestines. Comme au Rwanda, tout est fait pour créer les ingrédients d’une guerre civile et ensuite, on intervient pour l’empêcher, pour défendre les ressortissants français, pour empêcher un bain de sang, enfin la vieille histoire.
Même chose en Irak, ou tout est fait pour opposer chiites, sunnites, kurdes, y compris dans des attentats bien ciblés, sur les lieux de cultes des uns et des autres. Habileté diabolique, les américains choisissent u n kurde pour présider le tribunal qui juge Saddam Hussein.

Mais chez les américains, il y a toujours un plus dans la destruction de l’âme d’un peuple, probablement bien mise au point dans le génocide de départ des amérindiens.

En Irak, ils ont privatisé la guerre: des tas de sociétés privés américaines et occidentales interviennent. Des civils armés qui sont en réalité des mercenaires; gardes du corps, sociétés de protection des installations pétrolières, des collabo irakiens, sociétés privés pour former les policiers irakiens. Ces « coopérants »  font le coup de feu avec les soldats américains. Dans un reportage sur ARTE, des mercenaires d’une société privé de sécurité italienne parlent. Ils ont peur, « aiment l’aventure », et les salaires sont entre 10 000 et 20 000 euros par mos. Quatre d’entre eux  seront pris en otage et exécutés par des fedayins irakiens. Ce sont justement les mêmes pour qui il y avait eu une mobilisation de l’Opinion en Italien pour demander aux ravisseurs « la libération de ces « techniciens » venus participer à la reconstruction de l’Irak.

Pour passer à tout autre chose: étrange cette idéologie homosexuelle qui se constitue actuellement. Son argument central, c’est la lutte contre la discrimination des minorités, leur reconnaître les mêmes droits « pour le mariage, l’adoption etc.. Je regardais lors d’une émission la conjonction intéressante entre cette idéologie et les positions d’un écologiste comme Noël Mamer. Pourquoi dans un cas, l’écologie, il y a la défense de la nature, la conscience qu’il ne faut pas jouer avec la nature ou que nous en payons le prix, comme ce siècle l’a montré, et dans l’autre, l’homosexualité le refus de l’argument de la Nature, de l’ordre naturel. Problème interessant.

Il ne faut pas écrire pour aujourd’hui, mais pour demain.

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