Colonialisme,Fourneret, la flamme olympique etc…

15 Avril 2008 18h50

Un film documentaire, « Histoires à ne pas dire », essaye une nouvelle fois de réhabiliter le colonialisme. Il ressort la fable de la gauche coloniale, socialistes et communistes français, d’une « Algérie multiethnique et multiconfessionnelle, faite de d’européens, et juifs d’Algérie, et d’Arabes » inventée par Maurice Thorez dans les années 40 du siècle précédent. Ce film défend la thèse d’une « cohabitation » de ces communautés pendant la période coloniale, qu’aurait rompu le FLN par les atrocités qu’il aurait commis contre les juifs et les européens d’Algérie ce qui les a forcé à l’exode. Suivez mon regard, c’est un remake de la thèse des « aspects positifs du colonialisme » remis au goût du jour. Un des procédés du film est en effet l’anachronisme en suggérant que « le terrorisme du FLN » trouve son prolongement dans « le terrorisme islamiste ». Bref, on refait l’Histoire.

Le film est long, ennuyeux, idéologique et grossier dans ces procédés et manipulations qui sautent aux yeux. Il aura un public, celui de tous les nostalgiques de l’Algérie coloniale.

Cela s’arrêtera évidemment là. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est de noter que cette thèse coloniale d’une « Algérie multiethnique et multiconfessionnelle » trouve aujourd’hui son prolongement dans celle, aujourd’hui en Algérie, des milieux francophones algériens, d’une Algérie, cette fois ci « multiculturelle » et « plurilingue »,  avec la coexistence des langues française,  Arabe et  Kabyle. La filiation est patente.

Il est intéressant de réfléchir sur les rapports dominants-dominés. Un des procédés de la domination consiste toujours à dire au dominé qu’il ne se conduit pas comme le dominant. Par exemple, on demandera aux Palestiniens de faire la même place chez eux aux israéliens que le fait Israël. Ou à un pays musulman, de faire la même place aux chrétiens que cette place est donné aux musulmans en « Occident démocratique ». En dehors du fait que cela reste bien sûr à prouver, il faut noter qu’il ne peut y avoir équivalence. En effet, le même acte n’a pas la même signification s’il vient du dominant ou du dominé. Un Palestinien qui va vers un israélien est un traître, du point de vue de l’opinion des siens, car il le fait dans le cadre d’un rapport de soumission. Mais le même acte d’un israélien est celui du maître, qui est à l’aise, qui ne peut être soupçonné de se soumettre et qui, au contraire, manipule, divise la partie  adverse.

Le procès actuel de Michel Fourneret en France exerce une sorte de fascination. Hier, sur la chaîne française, France 2, je regardais un débat à ce sujet. La tension, la gêne sur le plateau était visibles. Il a fallu ensuite rentrer dans les détails, c’est à dire les pratiques sexuelles sado-masochistes de Fourneret et sa compagne. Détails horribles. Mais en même temps, c’était comme si les deux comparses renvoyaient à la Société l’image des pratiques et de la permissivité sexuelle actuelles, dont les jeux SM connus  évidemment par tout le monde. La différence, c’est que les deux complices sont passés eux, à l’acte, et que ce n’était plus un jeu. La limite est si ténue entre la perversité et le crime. Un vrai problème de société. Il ne s’agit pas en effet d’actes isolés: il y a eu, à la même époque, dans la même région, le département de l’Yonne, l’affaire Etienne Louis et des filles disparues qu’il a assassinées, éventrées. Mais aussi, dans le Nord de la France, pas loin, cette affaire de cet homme qui enlevait de jeunes recrues militaires, les violait et les assassinait, celle de ce SDF, dont je ne me souviens plus du nom, tueur de femmes en série, et à côté, en Belgique, les jeunes filles enlevées et assassinées. Il faut reconnaître que cela fait beaucoup. Et toujours, le sexe et le crime. L’indice certainement d’une crise de société.

Sur la chaîne française France 24, on se moquait hier des chinois qui avaient fait de cette handicapée chinoise, qui, dans son fauteuil roulant, portait la flamme olympique à Paris et souriait malgré les attaques des manifestants. Bizarre comme on voit les choses différemment dès qu’il s’agit des autres. Imaginons l’inverse, c’est à dire une handicapée française en Chine, les jeux olympiques devant se déroulait en France, et elle résistant aux chinois manifestant par exemple contre les interventions militaires françaises en Afrique, en Afghanistan etc.. Les médias français auraient pleuré d’émotion sur son courage.

    

    

    

    

    

    

    

    

       

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