28 janvier, 18h30, la neige, la Choa, le Tsunami

28 Janvier 18h30

Hier et avant hier, il a neigé à Alger. On n’avait jamais vu ça, paraît il depuis 60 ans. De la vraie neige, pas celle seulement de nuit comme les années précédentes, mais nuit et jour, à gros flocons. Les gens étaient gais, joyeux, heureux. Ils sont sortis dans le quartier pour flâner sous les flocons. Les jeunes, les enfants ont fait, de façon attendrissante, comme ils l’ont vu à la Télé, des bonhommes de neige.

C’était aussi le matraquage sur « la Choa » sur toutes les chaînes françaises . Partout, au même moment, probablement pour empêcher les gens de zapper. J’ai suivi l’émission « Europe express » hier sur France 3. Il y avait Simone weil. Les journalistes non juifs ne s’arrêtaient pas d’en rajouter, ne parlant que d’antisémitisme, de « caractère unique » du drame de la Choa ? Avec presque de l’obséquiosité. Une des formes de l’antisémitisme, c’est peut être ce fantasme que ces journalistes ont de la toute puissance des juifs et qui explique leur comportement. C’est Simone Weil qui a fini par les moucher : « il ne faut pas parler que de l’antisémitisme, il y a d’autres formes d’intolérance et de racisme, je me demande si les gens ne sont pas saturés par ce qu’ils voient actuellement sur les médias ».

A ce propos justement : sur les chaînes américaines, dans les séries, il y a plus en plus de métis. En  suivant une de ces séries, j’ai noté que la société américaine ne considérait dans les métis que la partie noire de leurs gênes  et pas la blanche. Rien ne peut mieux caractériser le racisme, que sa vision du métis.

Les médias occidentaux continuent de parle du raz de marée ( le Tsunami) en Asie du Sud. En France, 600 millions d’euros ont été récoltés. Un extraordinaire bizness, celui de la souffrance et du malheur, un bizness que personne n’a voulu rater. La Croix rouge française a rempli ses caisses : 60 millions d’euros. A tel point, qu’ elle aussi, après «  médecins sans frontières  » a du arrêter la collecte. Sans parler des dizaines de petites associations qui se sont précipitées sur le pactole.

Lorsqu’on suit les reportages sur ce raz de marée, on a l’impression désagréable que les populations d’Asie ne sont là que comme des figurants de leur propre tragédie. Des visages anonymes, silencieux sur lesquels le commentaire brode un discours humanitaire et mélodramatique. Pas une image sur l’essentiel, c’est ai dire l’immense solidarité interne dans chaque pays d’Asie du Sud, comment la Société a pris en charge ce drame, leur vie à eux. Non, un regard extérieur. Parfois, les intentions politiques, montrent le bout du nez : après la compétition indécente entre les USA, l’Europe et le Japon, pour l’influence dans la région, voilà qu’on se met à multiplier les reportages sur l’Inde, « puissance émergente » qui fait peur comme la Chine. Hier, beaucoup de bruits sur un film indou, qualifié de « courageux » parce qu’on y décrit le déséquilibre démographique qui viendrait de l’élimination des filles avant leur naissance.

Et toujours partout, sur toutes les chaînes, en permanence, l’idéologie de la peur, » l’idéologie catastrophe » , les astéroïdes qui peuvent frapper la terre, le climat, la grippe aviaire (après la vache folle, les bûchers de moutons), les nouvelles maladies qu’on découvre chaque jour…

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