31 Janvier 2005, Irak, Liberté, sensualité…

31 janvier 2005,  20h10 

Hier, c’étaient les élections en Irak. Après des velléités d’indépendance, l’Europe s’est rangée derrière les USA. Tous les médias occidentaux clament d’une seule voix, comme Bush, que « la démocratie a triomphé en Irak contre le terrorisme ». Surréaliste : un pays occupé militairement, les Irakiens massacrés, arrêtés, torturés ,  des candidats qui n’osent même pas montrer leur visage, des listes électorales certainement fantaisistes, un contrôle des élections par les américains ou le gouvernement à leur solde, des observateurs étrangers (une cinquantaine alors qu’il y en avait 12000 récemment en Ukraine)qui suivent les élections de…Jordanie, et on parle d’élections.

Les médias occidentaux ont peu à peu remplacer le mot de résistants ou guérilla par celui de terroristes. Terroristes irakiens, terroristes palestiniens, comme l’étaient les résistants algériens du point de vue de la France. De nouveau, les mots n’ont plus de sens ou plutôt les envahisseurs veulent être les seuls à leur donner un sens.

Je réfléchissais encore ces derniers temps aux causes de l’échec du communisme politique en Europe et partout où il a été, y compris chez nous un prolongement des partis communistes européens. Une chose m’avait en effet frappé: les responsables communistes disent toujours « nous » quand ils s’expriment: »nous avons décidé », « notre position est celle ci » etc.. tandis que les responsables de partis occidentaux préfèrent employer le « je ». N’est ce pas une cause parmi d’autres: l’écrasement de l’individu au profit du collectif, un aspect du communisme primitif alors que la révolution industrielle avait fait justement émerger l’idée de l’individu et donc de la liberté. Avec cette négation de l’individu, on retrouve tous les travers du style des PC: irresponsabilité, absence d’esprit d’initiative, sélection automatique de ceux les plus à même de renoncer à tout esprit critique, à  toute contestation, et donc émergence  des plus médiocres aux postes de responsabilités.

Il est faux de dire qu’entre deux  amants, il y a d’un côté la relation physique et de l’autre la relation spirituelle, notamment lorsqu’on dit banalement (ce sont  surtout les femmes qui le disent): « ce que j’aime dans la relation avec toi, c’est qu’il n’y a pas seulement la baise, mais aussi une relation intellectuelle, on discute etc.. ». Car, c’est la même chose .L’activité intellectuelle est au fond sensuelle, elle procure un plaisir. Mais on peut dire aussi que la sensualité est une forme d’activité intellectuelle. C’est une communication…profonde, intime sous d’autres formes, sans même dire un mot. Quand je parle sensuellement à telle par téléphone, au fond je la baise avec des mots, il y a un plaisir qui prépare les autres , qui prépare les corps et les rend impatients de leur jonction. De même, lorsque deux amants s’arrêtent de baiser et se parlent, ils vont vers un autre plaisir, et s’ils savent le faire, cette halte physique sert à raviver le plaisir. Et lorsqu’ils baisent, les neurones s’emballent, ils entrent dans un autre espace, ils ont d’autres audaces, ils font ce qu’ils ne feraient pas dans la vie sociale, ils pensent comme ils n’ont jamais pensé, euphorie de la libération.

Etrange aussi, cette puissance qui leur vient: stimuler le corps de l’autre, le faire frémir, créer en lui des sensations, en prendre possession , le manipuler, en jouer comme d’un instrument le posséder, être possédé.

.Baiser, au fond, c’est la liberté, c’est se griser de liberté.  La liberté en effet ne peut exister qu’avec un autre, une autre. Lorsque telle se livre à ses fantasmes devant moi, elle est excitée car au fond elle ressent l’euphorie de la liberté. Ce qui ne serait pas la même chose, si c’était un plaisir solitaire. La liberté n’a de sens qu’avec un témoin, une autre conscience de ce que je fais devant lui. L’amour est un espace de liberté. C’est tellement vrai que le paradis , justement, promet une vie éternelle sans tabous, où tout est permis, où la notion de pêché n’existe plus. L’érotisme est un petit paradis.

  

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