Conscience, Dieu me manque

Mardi 18 février 2008, Conscience, Dieu me manque…

Aujourd’hui, angoisse. Peur. C’est une peur de quoi. De la mort. Pourquoi avoir peur de la mort. Dieu nous l’a donnée pour le rejoindre. C’est donc un cadeau, un présent  une issue, une porte de sortie de la vie. La mort est la paix enfin…le calme, la sérénité.

Peur du jugement dernier? Des péchés commis? C’est ne pas avoir confiance en Dieu qu’avoir peur de Lui. C’est ne pas croire en Lui que d’avoir peur d’aller vers Lui.

« L’infinie douleur de la conscience d’être ».Au fond, toute cette angoisse que je vis, c’est une manière, une voie pour essayer de comprendre l’être, et donc l’Etre C’est une manière de trouver mon chemin vers Lui.

Comment accepter sa propre mort? Quelle lâcheté d’accepter celle des autres celle de de ne pas accepter la sienne.

Comme j’aimerais atteindre la sérénité? La sérénité, c’est celle par rapport à la mort, il n’y en a pas d’autre. La mort est un passage vers Dieu, c’est le moyen d’arriver à Dieu, de le connaître, de le rejoindre.

Toute ma vie, finalement, Dieu m’a manqué.

Sans Dieu, la vie n’a pas de sens. La mort n’a pas de sens.

J’ai besoin de Dieu, là est la preuve de son existence. Sans Lui, je suis perdu, sans Lui, la vie est aberrante, absurde .

La mort n’a un sens que dans l’existence de Dieu ou alors elle est inutile. La conscience de la mort de même. Comment peut-il y avoir la conscience, celle de la vie, celle de la mort, et qu’elle ne soit pas aussi une conscience de Dieu. Comment la conscience d’être pourrait elle disparaître, elle n’aurait alors aucun sens par le  fait de disparaître, elle n’aurait pas de sens si elle ne s’accompagnait pas de la conscience de  l’éternité, c’est à dire de Dieu.

 Et si je crois en Dieu, ce n’est pas pour Lui, c’est pour moi. C’est la plus belle chose qu’il puisse me donner. Dieu me manque, Dieu m’a manqué toute ma vie. Un vide, que j’essayais de combler par l’ivresse de l’action, du sexe, par mille dérivatifs.

Mais je n’écris pas pour convaincre Dieu, ce qui n’aurait aucun sens, mais pour m’apaiser, pour le trouver, pour accepter la mort et donc le sens de la vie, la signification de la fin de la vie, de la fin de ce corps.

C’est ce corps qui me fait trembler, ou plutôt qui tremble, qui me torture parce que j’en fais tout entier moi, alors qu’il est aussi autre chose  que moi. J’ai peur parce qu’ il a peur, parce qu’il ne veut pas se détacher de moi, alors que je le regarde et que je sais qu’il est autre chose que moi, ou qu’il y a autre chose que lui. Lui aussi a besoin de mon âme pour vivre en paix, lui aussi me demande de recourir à mon âme.

Tout disparaît. Tout a une fin, y compris notre espèce. Ce qu’elle aura fait, ses grands hommes, ses livres, ses découvertes, ce qu’elle aura bâti. Tout disparaîtra. L’Univers a une fin. Mais en même temps, la fin suppose le commencement et donc l’éternité. L’Eternité, c’est Dieu. L’Eternité, c’est la fin et le commencement, qui se transforment l’un dans l’autre, qui sont une seule et même chose, dans un entrelacement infini. Nous ne pouvons concevoir une chose sans fin, mais aussi nous ne pouvons la concevoir sans commencement. Là est Dieu, dans cette certitude, dans cette conscience. Ce point, où la fin est en même temps le commencement , où il n’y a plus ni fin ni commencement. Dans cette notion d’infini, qui s’impose à nous, comme une certitude, une impossibilité de penser autrement qu’une succession sans fin de commencements et de fins. Dans cette paix enfin trouvée contre la douleur des deux idées de fin et de commencement.

L’absence d’Eternité est inconcevable pour notre conscience. D’où nous vient ce sentiment que l’éternité est, qu’il est inconcevable qu’elle ne soit pas, cette impossibilité de concevoir le néant, si Dieu n’était pas.

Ecrivant tout cela, mon angoisse alors prend une signification. Elle n’est plus stérile. Elle n’est plus simplement peur et lâcheté. Elle est recherche. Elle est la clé pour comprendre ce qui me dépasse, ce qui est incompréhensible. Elle aboutit à accepter l’incompréhensible, à accepter de ne pas comprendre, à comprendre Dieu. Elle est rencontre avec la Foi.

Si la conscience de la mort existe, elle fait trembler le corps parce qu’il est vivant, au sens où il est concerné par la mort, où c’est lui qui disparaît avec la mort. Mais pourquoi suis je conscient que je vais mourir? A quoi sert cette conscience si elle est aussi mortelle,

 si elle est destinée à disparaître avec ma mort? A quoi sert elle puisqu’elle voit ma mort et qu’elle en est donc distincte? A me faire souffrir seulement? A me faire peur de la mort seulement?C’est donc qu’elle a un sens, une fonction, celle de dépasser les limites étroites de ce corps, de cette vie.

Dieu est conscience. Il est la preuve de l’utilité de ma conscience, de sa nécessité. Le matérialisme ôte tout sens à la conscience  puisqu’il accepte sa disparition et donc son inutilité. C’est ma conscience de Dieu qui donne un sens à ma conscience et donc à mon existence.

Si c’est la matière qui est éternelle, comme le dit le matérialisme, pourquoi y aurait-il la conscience puisque la matière n’est pas consciente. La conscience serait donc « un stade d’organisation de la matière », une sorte de ricochet où la pensée se réfléchit pour revenir sur elle même et donc se penser pensée. Pourquoi ? Dans quel but? Pour quelle fonction, quelle utilité alors? Le matérialisme ne répond pas à cette question. Or, il faut bien que la conscience est une utilité, permette de savoir quelque chose, d’être conscient de quelque chose. Conscient de la vie ? Il faudrait alors prouver que la conscience est nécessaire à la vie. Or celle ci peut exister sans conscience d’elle même, comme existent les pierres. En effet, dire que « la conscience est un certain degré d’organisation de la matière », c’est dire qu’il y a un moment au moins où la matière est inconsciente, quand elle n’est pas arrivée à ce degré d’organisation, ça n’est donc qu’éluder la question de cette évolution, de ce « degré d’organisation » et de sa signification, de son origine.

Pour le matérialisme, la question « pourquoi j’existe », n’a pas de sens. Alors pourquoi cette question existe-t-elle ? Pourquoi cherche-t-on toute notre vie à donner un sens à notre existence? Pourquoi, justement, est ce la conscience qui organise toute la vie de l’humanité, conscience envers toutes les formes de vie, conscience envers nos semblables. Pourquoi la conscience est-elle au centre de notre vie? C’est grâce à la conscience que je suis que je donne un sens à ma vie. Et c’est cette conscience que je suis qui m’amène à me poser la question du sens de la vie, et c’est elle aussi qui me conduit vers Dieu, en tant que sens donné à cette conscience.

Et là mon angoisse n’est plus stérile, elle n’est plus simplement peur, elle est créative, elle est bonheur d’arriver à Dieu, de trouver une réponse à la question Pourquoi

Laisser un commentaire